• poème : maudit pays imaginaire

    Maudit pays imaginaire!

     

    colombieenfantguerillaUne fillette, enterrée jusqu’au cou, dans un Armero qui n’existe déjà plus, un garçonnet mourant de cancer dans un pays qui, également, n’existe plus. C’est un pays fictif, où les fils n’ont pas de père, et les mères pleurent les fils qui n’existent plus.

     

     

     

    C’est une mort lente celle de ce pays fictif qui éteint ses fils un à un. Une mort comme celle du garçon de la presse, comme celle de la fillette d’Armero.

    Maudit pays imaginaire!

    Nous regardons, nous, les enfants, terrorisés, le pays fictif nous enlever nos parents et nous ensevelir lentement dans une avalanche de fumier. Nous mourons là, les enfants. Lentement, à la lumière des caméras et des journaux du monde.

    La mort arrive, lente, dans ce pays fictif, elle s’assied à tes côtés, silencieuse, comme la faim. Elle te donne la main, la mort lente, te caresse, te rappelle que tu es une fillette fictive dans un pays imaginaire, où la vie est mourir.

    Maudit pays imaginaire!

     

    Et moi je me lève, je touche ma peau, je ne suis pas encore tout à fait morte, pas comme la fillette qui mourut dans la boue, ni comme le garçonnet naufragé dans la presse. Je prends la mort par la main, doucement, et je chemine, dans le pays imaginaire, à la recherche de cette enfance perdue.

    Je cherche un père pour lui donner un fils, un fils pour le ramener à une mère, je cherche un frère qui perdit la trace de sa soeur. Je cherche encore la tombe vide, je cherche à cheminer vers un village fictif et entendre au loin le tumulte d’enfants inexistants mais gais, je cherche le fils qui n’est pas parti, celui qu’ils n’emmenèrent pas, celui qu’ils ne ramenèrent pas déchiqueté.

    Maudit pays imaginaire!

    Viens, si tu vis encore, si tu n’es pas déjà mort de la mort lente de l’enfance arrachée, oui, viens…Cherchons un enfant qui meurt lentement, serrons-le sur la poitrine, donnons-lui la vie, cherchons-lui son père, faisons-le rire avec des contes extravagants de cités lointaines et imaginaires, faisons-le pleurer avec notre bonté.

    Dans un pays fictif, où l’enfance meurt d’une mort lente imaginaire, on cherche un acte d’amour, spontané, juste, décisif. Un seul,

    Catalina Guerra

    Source: http://www.latinreporters.com/colombiesoc081201.html


  • Commentaires

    1
    Mercredi 27 Avril 2016 à 10:55
    Do not worry about what you do not have, do not worry about the heart while earnestly grateful for every gift of His.
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